La Manufacture d'accordéons DEDENIS a disparu faute d'avoir compris l'importance qu'allait prendre l'accordéon chromatique...
On oppose souvent DEDENIS et MAUGEIN sur la clairvoyance des dirigeants au sujet de l'accordéon chromatique. Effectuons un retour en arrière.
Les années 20 ont été les années glorieuses de François DEDENIS. La radio, la fameuse TSF, commençait à pénétrer dans les provinces et avec elle, l'accordéon chromatique et la valse musette.
En 1922 seul un accordéon chromatique est au catalogue mais, par la suite, DEDENIS propose des accordéons chromatiques comparables à ceux que vendent ses concurrents.
En 1933, François DEDENIS disparait, l'entreprise perd ainsi son guide et inspirateur.
L'activité va tout de même continuer et la Manufacture va essayer de répondre au mieux à la demande en accordéons chromatiques, allant jusqu'à éditer un catalogue spécialisé en jazz. En 1934, six des quinze types d'accordéons proposés sont des chromatiques, l'un des modèles pouvant même être livré au choix en diatonique mixte ou en chromatique.
Pourtant la société n'allait pas survivre à la guerre, laissant ainsi le champ libre à leur voisin de Tulle.

Il semble néanmoins que François DEDENIS croyait plus à un accordéon maniable, proche des diatoniques de la marque, mais possédant une rangée donnant accès à toutes les notes de la gamme. Ce modèle, appelé "à demi-tons" n'a pas eu le succès escompté. Cette formule a néanmoins séduit d'autres fabricants, surtout pour des modèles diatoniques à 3 rangées, avec une disposition SOL/DO/SI qui donnait accès à toutes les notes de la gamme. Ces modèles furent souvent proposés avec les basses d'un accordéon chromatique donnant ainsi naissance aux accordéons "mixtes".

Depuis 1904, François DEDENIS distribue ses accordéons dans toute la France grâce à un catalogue gratuit qui reprend tous les modèles disponibles. Un musicien, quel que soit l'endroit où il se trouve, peut choisir son instrument en fonction de ses moyens sans avoir à se déplacer, la livraison se faisant à la gare la plus proche.
En 1921,l'usine compte 75 salariés pour arriver à la centaine en 1929. Sa production s'élèverait à 5000 accordéons par an, ce qui montre l'importance de DEDENIS à cette époque.
Pendant ce temps, Jean MAUGEIN commence sa production. Il était tout à fait logique que la nouvelle société ne cherche pas à concurrencer son voisin briviste et se développe en misant sur l'instrument qui fait recette dans les bals musette parisiens.